KUBANA

un film-documentaire réalisé par Jessica VALOISE

Synopsis:
De quelle manière le lien humain existe au Rwanda aujourd’hui, après soixante-huit ans de colonisation et d’un génocide étendu sur trente deux années? De manière plus générale, comment les valeurs fondamentales du peuple Rwandais d’avant la destruction de leur société se manifestent aujourd’hui?
Alors qu’on pourrait se poser la question de comment (re)vivre avec l’autre, il apparaît plus naturel de se demander : comment ne pas re-vivre avec cet autre, finalement. Avons-nous le choix, pour nous reconstruire, de ne pas inclure l’autre? Femmes et enfants prioritairement, reconnus comme les piliers fondateurs de leur société, s’organisent, ensemble, en famille, de sang ou adoptive, entre amis, en coopératives, afin d’avancer, pour aujourd’hui, mais surtout, pour demain. « Kubana » signifie « vivre ensemble » en kinyarwanda. Ce documentaire explore cette valeur fondamentale du peuple Rwandais.

Date de sortie 2022 (estimée)
Genre Documentaire
Langue Français-Anglais-Kinyarwanda
Production Indépendante / En recherche de financement pour la production et la postproduction [devenir mon ou ma mécène]

Chez Talking Through Art, à Kigali, des personnes handicapées physiquement se réunissent quotidiennement afin de réaliser des paniers traditionnels Rwandais et de suivre des cours d’Anglais. Ensemble, elles retrouvent confiance et estime de soi. Ensemble, elles se soutiennent mutuellement, soutiennent leurs familles, et surtout, partagent des moments reconstructeurs.

Chez Red Rocks, à Musanze, près d’une dizaine de coopératives exclusivement de femmes ont été mises en place. Les femmes s’organisent entre elles, se soutiennent, apprennent, et mettent en place des solutions durables, créées par elles, pour elles. Parmi ces solutions, certaines inclues des activités culturelles touristiques. Un échange qui fait grandir la fierté de la communauté et qui apporte d’autres perspectives sur leurs richesses culturelles.

Je passe la soirée et la nuit chez Alphonsine, accompagnée de sa meilleure amie, Irene et de Ariette. Après avoir préparé le repas ensemble, avec l’aide de ses deux filles, nous partageons le repas dans la maison qu’Alphonsine a construite, entièrement seule. Puis de manière tout à fait inattendue, une fois le repas terminé et les enfants sortis de la maison, la porte est barrée par Alphonsine, on se retrouve toutes les quatre, et c’est une vraie soirée fille qui commence! Amour, sexe, hommes, mariage… toutes ces discussions que je peux avoir avec mes amies. Pas les mêmes histoires, mais finalement les mêmes enjeux, mêmes sentiments, mêmes craintes. Pendant ces discussions, Alphonsine et Irène sont particulièrement surprises par le fait que je vive seule à Montréal, et que ça soit courant chez nous.

« Mais si tu tombes malade, comment tu fais, seule? À qui tu parles? Comment tu vois tes ami.es? Qu’est-ce que tu fais? »

Alphonsine et Irène (se) sont invitées à mon hypothétique mariage, de préférence, au Rwanda, de préférence, avec un Rwandais.

« Ce droit à l’assistance et au partage était un droit naturel ayant ses racines dans notre culture. […] Le réseau de dialogue s’appuyait sur la convivialité de base de notre culture. […] Il fallait élever les digues et renforcer les écluses pour barrer la route au tsunami de la haine attisée par des membres de l’alliance clérico-coloniale depuis leur arrivé au Rwanda et relayée 32 ans durant par les régimes séparatistes et génocidaires de la République du Parmehutu.

[…]

Ce quelque chose là d’inhabituel était l’amour sans nécessairement escompter une quelconque réciprocité, l’amour quand bien même je n’étais pas nécessairement toujours aimé. Il s’agissait de cet amour que les merveilleux sages de Kalisimbi qui m’avaient rendu visite dans la crasseuse maison d’Isidore Maburakindi avaient interprété comme « la bonne volonté compréhensive ». Pour eux, c’était le prix de la réconciliation nationale et du devenir radieux et durable de mon Kinunu et du Rwanda. »

– Déconstruction d’un mythe funeste, de Chrysologue Kubwimana

Dans le plan de reconstruction du Rwanda, « Vision 2020 », l’éducation est un des pilliers de la réussite du plan. Dans chaque secteur on peut trouver trois à quatre écoles, pour que les enfants puissent y aller facilement à pieds. Chez Root Foundation, on complète cette éducation par des cours hebdomadaires, d’anglais, d’hygiène, de débat et argumentation, d’activités physiques et artistiques.

« Conscient que l’exiguïté du territoire et la densité de la population sur ce territoire ne constituent pas en soi, un obstacle au développement, le Rwanda base son progrès économique sur le citoyen Rwandais formé, éduqué et patriote. À cette fin, il a conçu et mis en oeuvre une vision, des politiques, des lois et des stratégies courageuses afin qu’à l’horizon 2020, il soit compté parmi les pays à revenus intermédiaires. Il s’est fixé un objectif réaliste de l’ordre de 900US$ par tête d’habitant en 2020. »

– Déconstruction d’un mythe funeste, de Chrysologue Kubwimana

« Malheureusement, il se fait que nous dialoguons depuis des décennies, par personnes interposées qui se disent tout savoir, même nos prétendues différences. Les personnes qui se sont violemment interposées, cadres dirigeant des puissances néo-coloniales et leurs complices missionnaires, font depuis des décennies l’interprétation fallacieuse intéressée de nos faits et gestes, de notre pensée et finalement de notre «moi » individuel et national. Ils ont un problème très sérieux : ils ne supportent pas notre fierté et notre goût très avéré de l’indépendance et de la liberté. Et c’est justement dans ce «moi national » que nous devons trouver les ressorts nécessaires pour déconstruire les mythes criminigènes et pour nous acquitter de notre devoir de rassemblement et de mobilisation pour un Rwanda fier, indépendant, prospère et surtout libre. »

– Déconstruction d’un mythe funeste, de Chrysologue Kubwimana

« Avoir l’audace de croire, malgré toutes les preuves du contraire, que nous pouvons redonner un sentiment de communauté à un pays déchiré par les conflits. »

– Barack Obama dans l’Audace d’espérer, cité par Chrysologue Kubwimana dans Déconstruction d’un mythe funeste

© Jessica VALOISE. Les photos publiées ne sont pas libres de droit. Le téléchargement, la diffusion, reproduction, distribution, communication des images ne peut s’effectuer qu’avec l’accord de l’auteur.